Malgré la mise en œuvre de plusieurs dépenses et autres incitations fiscales, le secteur agricole gabonais a du mal à se financer. Confinant de ce fait, le pays à une lancinante dépendance alimentaire extérieure, avec un coût des importations alimentaires oscillant autour de 550 milliards FCFA par an.
Le Gabon, à l’instar de la plupart des pays du continent, peine à s’arrimer à la Déclaration de Maputo prise en 2003, sous l’égide du Nepad, par le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA), recommandant d’allouer un minimum de 10% du budget national, à l’agriculture pour atteindre une croissance de 6% de l’économie agricole.
Mise en œuvre de plusieurs leviers pour booster la filière agricole
Pour arrondir les angles, l’Etat gabonais a mis en place un certain nombre de leviers pour booster la filière. Dans ce droit fil, l’Etat consent plusieurs exonérations aux exploitants agricoles en matière de patente. Il en est de même de la TVA sur les produits de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, des biens d’équipement pour les activités agricoles et des engrais agricoles.
Par ailleurs, les coopératives agricoles, les Groupement d’intérêt économique (GIE) et les sociétés de transformation de produits agricoles sont aussi assujetties aux exonérations sur l’Impôt sur les sociétés. D’autres facilités fiscales sont également mises en place, au titre de l’impôt foncier, pour les terrains ruraux exploités à des fins d’activités agricoles ou d’élevage.
D’énormes soucis de financement
L’autre gros écueil auquel le secteur agricole gabonais fait face, reste son financement. En effet, « les banques commerciales ne veulent pas prendre le risque d’investir dans le secteur agricole. Sans accès au crédit, difficile de financer la croissance », déplore un acteur privé du secteur. Autrement dit, « Un agriculteur ne peut pas obtenir de prêt d’une banque classique, il n’a aucune garantie ! Or le financement permettrait de débloquer certains problèmes, comme celui du manque de mécanisation », regrette un autre responsable du secteur agricole au Gabon chez un bailleur de fonds.
En clair, le secteur bénéficie de plusieurs exonérations mais qui restent inconnues des d’acteurs (certains agriculteurs paient des taxes dont ils sont normalement exonérés). Quant à la capacité de financement de l’Etat, elle reste également limitée. Seulement 0,9% du budget de l’Etat investi dans le secteur, alors que le secteur représente 6% du PIB et 20% des emplois. Pire, le pays de dispose d’aucune banque dédiée au secteur.



















