Toujours 1er contributeur au budget national, le secteur pétrolier gabonais souffre particulièrement de la crise sanitaire. La production pétrolière est en repli depuis plusieurs années et les espoirs porte désormais sur l’exploration off-shore profond qui pourrait relancer à la hausse la production. Pendant ce temps, le gouvernement, positionné pendant des années en tant que « rentier observateur », souhaite étendre davantage son contrôle et accroitre sa part de revenus.
Malgré les efforts engagés depuis 2009 pour diversifier l’économie (et les sources de revenus), le secteur pétrolier reste, de loin, le 1er secteur contributeur au budget national. Selon le FMI, la part du pétrole dans le PIB gabonais s’élève en effet à 38,5%.
Dans le contexte de crise sanitaire (confinement, règles sanitaires renforcées, difficultés pour faire venir de la main d’oeuvre étrangère…), les entreprises ont concentré tous leurs moyens humains et matériels pour maintenir la production. Tous les projets en développement ont été arrêtés depuis mars 2020. La relance de ces projets devrait prendre des mois. Ainsi, comme en 2017 et 2018, le Gabon n’aura pas de relais de croissance dans le secteur et ce, quel que soit le niveau du prix du baril.
La chute des cours du pétrole enregistrée depuis fin février pourrait avoir un impact comparable à celui de 2015. Le FMI anticipe ainsi une perte des revenus issus du secteur pétrolier de plus de 40% avec, comme hypothèse de travail, un prix du baril moyen à 36 USD. Les prévisions des acteurs pétroliers, au regard des évolutions de la demande mondiale, sont plus pessimistes (30 USD/baril, prix auquel il faut ajouter des discounts, entre 2 et 5 USD, en fonction de la qualité du brut).
Pour rappel, le Gabon occupe le 5ème rang des producteurs pétroliers en Afrique Sub-saharienne, après le Nigeria, l’Angola, le Congo (Brazzaville) et la Guinée Equatoriale. Selon la « BP Statistical Review 2014 », le pays dispose de 2 milliards de barils de réserves prouvées. Son bassin sédimentaire couvre une superficie de 247 000 Km², dont 30% on-shore et 70% off-shore.
Environ 47% de la surface attribuée est ouverte à l’exploration. Il a, en juillet 2018, réintégré l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) et son retour au sein de l’ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) est en cours de préparation.




























