La grande dépendance de l’économie gabonaise aux exportations de matières premières, la rend très vulnérable, avec l’apparition de la pandémie du Coronavirus et sa propagation dans le monde.
Des secteurs exportateurs, à savoir, les secteurs pétrolier, agricole, bois et minier, aux activités dépendants de la commande publique, tous les pans de l’économie gabonaise sont ainsi durement impactés.
Le secteur pétrolier
Suite à la chute des cours du pétrole, consécutivement à la baisse attendue de la demande mondiale, dans un contexte d’abondance d’offre et de guerre des prix entre les principaux pays producteurs, le secteur pétrolier s’attend à une baisse du chiffre d’affaires et des investissements de la plupart des opérateurs pétroliers en 2020.
En effet, tout comme les autres pays producteurs de pétrole dans le monde, le Gabon sera également touché par la baisse d’investissements dans le secteur pétrolier, avec l’annonce de gel et/ou report des projets d’investissements en 2020.
La filière bois
Les activités de ce secteur dépendent fortement de la demande mondiale. Le Gabon exporte environ 83% de sa production. Les ventes du Gabon sont beaucoup plus orientées vers la Chine (37,2%), l’Inde (16,7%), la France (9,7%), la Belgique (8,4%) et le Vietnam (4,9%).
Si la crise du Coronavirus perdure dans ces pays, le secteur connaîtrait une baisse substantielle de son activité. Ce repli aura pour conséquence, une baisse significative des recettes d’exportation, de l’emploi et de la consommation des produits pétroliers au niveau national.
Le secteur minier
La filière manganèse, avec moins de 2% de la production transformée au niveau national a exporté 72% de la production de minerai de manganèse en 2019 en grande partie en Chine (72,2%), 11% en Europe (dont 2,3% en France) et 4,6% aux Etats-Unis.
Ce secteur présente des risques réels de baisse d’activité qui pourraient se traduire par un repli de ses activités, suite à la contraction de la demande liée au ralentissement de l’économie mondiale du fait de la propagation de l’épidémie de coronavirus.
Les cultures de rente
La poursuite de la pandémie du corona virus dans les principaux pays d’exportation pose un gros problème pour les futures ventes gabonaises, ce qui aura des répercussions négatives sur le prix de cette matière et probablement sur l’activité de production et de transformation de caoutchouc naturel.
Les BTP
Alors que ce segment d’activités qui dépend fortement de la commande publique se remettait à peine de la crise née de l’effondrement des cours du pétrole en juillet 2014, celle du Coronavirus pourrait contrarier la reprise entamée en 2019. Cela, avec la baisse attendue des recettes fiscales et l’ajustement opéré sur les dépenses d’investissement de l’Etat.
Ainsi, la commande publique devrait se contracter, ce qui pourrait être également le cas pour investissements privés. Ceci pourrait se traduire par une baisse de la production vendue et un effet négatif sur l’emploi.
En définitive, la crise économique envisagée avec la propagation de la pandémie du Covid-19 pourrait entraîner une hausse du chômage au Gabon et des pertes de revenus pour les travailleurs. Cela devrait se traduire par une chute de la consommation des biens et des services, qui impactera à son tour la demande adressée aux entreprises.
Le secteur informel, qui sert souvent à atténuer l’impact des bouleversements, pourrait ne pas jouer ce rôle d’amortisseur, en raison des restrictions de mouvements auxquelles les populations ont été soumises.




























