C’est ce que confirme Africaleads, dans son second baromètre, présenté ce 6 février 2020. C’était en avant-première à la presse, par le Conseil français des investisseurs en Afrique (Cian) à la veille du Forum Afrique Moci-Cian.
Selon les conclusions d’une menée en Afrique, entre novembre 2019 et janvier 2020, Africaleads révèle que la cote de la France s’érode. L’hexagone arrive au 6e rang en Afrique, en termes d’image. Par rapport au classement 2019, son label perd une position cette année.
Seulement, le pays d’Emmanuel Macron n’est pas le seul pays dans cette déchéance sur le continent. L’Allemagne qui dominait le 1er baromètre Africaleads est désormais devancée par les États-Unis. La Chine qui occupait la troisième place en 2019 est reléguée au pied du podium au bénéfice du Canada.
Une tendance qu’explique le président délégué du Cian, Étienne Giros. « Il y a une stagnation de la France à un niveau relativement bas », souligne-t-il, avant d’ajouter que : ‘’Par grande région, elle ne figure même pas dans le Top 5 des nations, sauf en Afrique de l’Ouest où elle pointe à la 5e position’’.
Dans toutes les régions, les États-Unis renvoient une meilleure image – en Afrique de l’Ouest et centrale, devant l’Allemagne ; en Afrique de l’Est, précédant la Chine – sauf en Afrique du Nord, où l’Allemagne leur ravit la première place.
Le grand coup des États-Unis
« Les États-Unis sont précédés par une image positive qui supplante celle de leur président et profitent du fait que les nouvelles technologies qui servent sur le continent viennent de là », estimait Étienne Giros.
La France arrive à la 7e place en termes d’impact bénéfique en Afrique
Pour comprendre une forme de désamour à l’encontre de la France, il faut se reporter non pas sur l’image, mais sur l’impact des pays étrangers en Afrique. Ainsi, à la question « quels sont les partenaires les plus bénéfiques pour le continent ? », les influenceurs et décideurs africains placent en tête, dans un mouchoir de poche, les États-Unis et la Chine (74 % et 73 % de réponses positives) devant l’Allemagne, le Japon et le Canada (67 à 68 %), puis le Royaume-Uni (60 %) et la France (56 %) et, enfin, les Émirats arabes unis, l’Inde et la Turquie (entre 50 et 54 %).
La position de la France, au 7e rang reste inchangée. Plusieurs explications peuvent être avancées pour éclairer un classement qui reste mauvais. D’abord, sa proximité de régimes politiques et de pays en crise (Burkina Faso, Cameroun…), ensuite son intervention militaire sur le terrain (Sahel…) et dans les instances internationales comme l’ONU, mais également, la question mémorielle (Algérie…) qui fait débat des deux côtés de la Méditerranée.
« La France est d’autant plus facile à critiquer que nos relations sont intimes, et peut-être que certaines décisions ces dernières années n’arrangent rien », s’interrogeait Étienne Giros, qui citait la politique de visa restrictive de l’Hexagone, « qui nuit à l’image de la France », et la hausse des coûts de scolarité pour les étudiants étrangers.
Le salut par les enseignes
Comme l’an dernier, les marques françaises comptent en effet parmi les plus appréciées des leaders d’opinion africains dans leurs secteurs d’activité respectifs, qu’il s’agisse des télécommunications (Orange, leader), du transport aérien (Air France, 2ème) ou de l’automobile (Renault, septième marque la plus appréciée).
En tirant parti de ses atouts, en prenant appui sur ses diasporas africaines, et à condition de montrer plus d’allant, la France dispose de multiples moyens d’inverser la tendance.
Pour rappel, cette deuxième édition d’Africaleads a été réalisée auprès d’un échantillon de 2423 leaders d’opinion de douze pays d’Afrique, constitué selon la méthode des quotas (pays, profil, genre) entre novembre 2019 et début janvier 2020.




























