C’est ce langage empreint de vérité et de réalisme qu’a récemment tenu le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, lors du lancement du Perspectives économiques en Afrique 2020, il y a quelques jours, à Abidjan (Côte d’ivoire).
Dans sa vision, l’économiste nigérian appelle à une croissance inclusive dans le continent. Il explique à cet effet que les économies africaines connaissent une forte croissance, mais que celle-ci ne peut à elle seule, répondre aux besoins des citoyens les plus pauvres du continent.
Mais qu’à cela ne tienne, les Perspectives économiques en Afrique (AEO) 2020 ont montré que les économies du continent se développent bien, plus que la moyenne mondiale. A preuve, le rapport prévoit une augmentation régulière de la croissance en Afrique de 3,4% en 2019 à 3,9% en 2020 et 4,1% en 2021.
Selon ledit document, ces chiffres ne racontent pas toute l’histoire. Sur tout le continent, les pauvres ne voient pas suffisamment les avantages d’une croissance robuste. Relativement peu de pays africains ont enregistré des baisses significatives de l’extrême pauvreté et des inégalités, qui restent plus élevées que dans d’autres régions du monde.
Une croissance inclusive s’est produite dans seulement 18 des 48 pays africains disposant de données, a révélé le rapport. Selon M. Adesina, «la croissance doit être visible. La croissance doit être équitable. La croissance doit se faire sentir dans la vie des gens. »
Le thème du rapport Perspectives économiques en Afrique 2020, est »Développer la main-d’œuvre africaine pour l’avenir’‘. Il appelle à une action rapide pour aborder le développement du capital humain dans les pays africains, où la croissance inclusive a été freinée par un décalage entre les compétences des jeunes travailleurs et les besoins des employeurs.
Ce rapport indique aussi qu’un investissement accru dans l’éducation est essentiel ainsi qu’un universalisme progressif dans les dépenses d’éducation, en fixant des priorités élevées pour les pauvres et les défavorisés et en se concentrant d’abord sur l’éducation de base là où les rendements sociaux sont les plus élevés.
Ses recommandations comprennent l’amélioration de l’accès à l’éducation dans les zones reculées, des incitations telles que des uniformes et des manuels gratuits, l’interdiction du travail des enfants et l’amélioration des normes d’enseignement.
Pour mieux adapter les compétences aux opportunités d’emploi, le rapport recommande aux gouvernements de développer un système éducatif axé sur la demande en phase avec les emplois émergents dans le secteur privé, notamment les ingénieurs logiciels, les spécialistes du marketing et les analystes de données, indique le rapport.
Dans cette logique, Hanan Morsy, directeur du Département des politiques macroéconomiques soutient que malgré ses énormes ressources, l’avenir de l’Afrique réside dans ses habitants…
Autrement dit, soutient-il, ‘‘ce n’est qu’en développant la main-d’œuvre que le continent pourra réduire la pauvreté, combler l’écart de revenu entre les riches et les pauvres et adopter de nouvelles technologies pour créer des emplois dans les secteurs à forte intensité de connaissances ».





























