Les prévisions de croissance de l’Afrique vont légèrement être revus à la baisse. A en croire la réunion du groupe consultatif africaintenu le 13 avril 2026. Cette rencontre était pilotée par Seedy Keita, Président du groupe des gouverneurs africains et ministres des Finances et des Affaires économiques de la Gambie, et Mme Kristalina Georgieva, Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).
A l’occasion, le groupe consultatif africain a échangé avec la direction du FMIsur l’évolution de la conjoncture mondiale et ses répercussions économiques sur les pays africains. Les discussions se sont déroulées dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, un conflit qui, même en cas de maintien du cessez‑le‑feu récemment annoncé, pèsera sur les perspectives de croissance à l’échelle mondiale.
Au terme de cette réunion, plusieurs hypothèses ont été émises. Ainsi, sous l’hypothèse d’un retour relativement rapide à la normale, la croissance mondiale devrait ralentir légèrement pour s’établir à 3,1 % en 2026 et à 3,2 % en 2027. En revanche, si le conflit devait se prolonger ou si la reprise des activités de production et de transport prenait plus de temps que prévu, les retombées sur la croissance seraient plus marquées.
En outre, malgré les progrès de stabilisation durement acquis en 2025 au terme d’une année favorable, la dynamique de croissance en Afrique devrait ralentir en 2026, contrairement aux projections antérieures. La croissance du PIB réel devrait passer de 4,5 % en 2025 à 4,2 % en 2026.
La croissance devrait marquer le pas tant en Afrique subsaharienne qu’en Afrique du Nord, passant de 4,5 % en 2025 à respectivement 4,3 % et 4,1 % en 2026. Les perspectives demeurent incertaines, car le poids élevé du service de la dette, l’accès restreint à des financements abordables et les besoins croissants en matière de développement continuent de limiter la marge de manœuvre, en particulier dans les pays à faible revenu et les États fragiles ou touchés par un conflit. La guerre ajoute une couche supplémentaire de complexité. Elle pourrait laisser de profondes séquelles, notamment en raison du retour de l’inflation, des pénuries alimentaires, ainsi que d’autres tensions sociales.
Dans ce contexte, le groupe consultatif africain reconnaît que les dirigeants doivent s’attacher à faire face au choc à court terme tout en renforçant la résilience à moyen terme. Les priorités à court terme doivent notamment consister à maintenir l’ancrage des anticipations d’inflation et à protéger les personnes les plus vulnérables au moyen d’aides ciblées et limitées dans le temps.
La politique budgétaire devrait conjuguer crédibilité et flexibilité : les pays exportateurs de pétrole devraient épargner les recettes exceptionnelles temporaires et reconstituer leurs marges de manœuvre, tandis que les pays importateurs de pétrole devraient préserver les dépenses sociales et de développement prioritaires tout en mobilisant les recettes intérieures, en améliorant l’efficience des dépenses et en renforçant la gestion des finances publiques.
En outre, les pays devraient accélérer les réformes afin de stimuler la croissance et la diversification, approfondir l’intégration régionale et les marchés financiers intérieurs, et investir dans les infrastructures énergétiques et numériques essentielles pour exploiter l’intelligence artificielle de manière sûre et productive.
Le groupe consultatif africain a également souligné l’importance de l’examen exhaustif de la surveillance en cours et exhorte le FMI à fournir des conseils adaptés, à mieux évaluer les déséquilibres et leurs retombées, à renforcer la gestion des chocs, ainsi qu’à hiérarchiser et rationaliser les activités de surveillance.
De son côté, le FMI réaffirme son ferme engagement envers ses pays membres africains. De ce fait, l’institution indique qu’elle continuera de coopérer étroitement avec les pays africains pour appuyer des politiques judicieuses, mobiliser des financements, accroître la résilience et faire progresser les objectifs de développement de la région dans un contexte mondial de plus en plus complexe. »
Pour rappel, le groupe consultatif africain comprend les gouverneurs du FMI d’un sous-ensemble de 12 pays africains appartenant au groupe des gouverneurs africains (ministres des finances et gouverneurs de banque centrale africains) et la direction du FMI. Il a été créé en 2007 pour renforcer le dialogue entre le FMI et le groupe des gouverneurs africains. Le groupe consultatif africain se réunit à l’occasion des Réunions de printemps, tandis que la direction du FMI rencontre tous les membres du groupe des gouverneurs africains lors des Assemblées annuelles.



















