À l’instar des autres pays de la CEMAC, le Congo a été fortement touché par la crise économique et financière causée par la chute drastique des cours du pétrole en 2014.
Le Congo qui avait connu une période de croissance soutenue (4,8 % en moyenne entre 2010 et 2015), a vu sa conjoncture économique se dégrader et le pays est entré en récession en 2016 (-2,8 % puis -3,1% en 2017). Cette crise a eu pour conséquences une aggravation du déficit de sa balance des paiements et une diminution considérable de ses réserves de change, alors que le pays représentait jusqu’alors un des principaux contributeurs aux réserves de la CEMAC.
Face à ces difficultés éprouvées par tous les pays de la CEMAC, la BEAC a résolu de procéder à une refonte de la réglementation des changes afin de garantir la stabilité extérieure de la monnaie. La BEAC se montre plus stricte envers les banques qui ne respectent pas la nouvelle réglementation.
Selon la Direction nationale, le montant total des astreintes et pénalités infligées aux banques congolaises pour non-respect de la réglementation s’élève à près de trois milliards FCFA depuis le début de l’année. Sur cet ensemble, l’importation de devises sans autorisation de la BEAC constitue le motif de sanctions le plus récurrent.
La BEAC a reporté au 1er décembre 2019 la mise en œuvre de la réforme afin de poursuivre ses discussions avec les entreprises du secteur extractif qui, pour la plupart, bénéficient de dérogations négociées avec les États pour la gestion de leurs comptes à l’extérieur. Ces privilèges facilitent le paiement de leurs fournisseurs à l’étranger.
Les entreprises des secteurs pétrolier et minier sont particulièrement concernées par les dispositions qui interdisent aux entreprises résidentes d’ouvrir un compte en devises dans la CEMAC ou hors de la CEMAC et par l’obligation de rétrocéder leurs devises à la Banque centrale.
Ces problématiques ont entre autres fait l’objet d’une réunion organisée en août à Yaoundé entre le Gouverneur de la BEAC et l’Union des patronats d’Afrique centrale qui compte en son sein l’union patronale congolaise Unicongo.
De manière générale, les entreprises espèrent une plus grande mobilisation des syndicats patronaux pour faire pression sur la BEAC. Dans cet élan, Unicongo et la Banque centrale se sont entretenus en octobre pour réfléchir aux solutions envisageables.
L’Association des pétroliers du Congo rencontrera également la BEAC avant la fin de l’année. Par ailleurs, les premiers résultats de la mise en œuvre de cette réforme font état d’une remontée des réserves de change.
Les banques congolaises ont participé à cette amélioration en rapatriant environ 100 milliards FCFA à fin juin 2019 contre 18 milliards FCFA, sur la même période en 2018. Le pays s’inscrit dans la dynamique constatée au niveau régional puisqu’au niveau de la CEMAC, les banques ont rapatrié près de 1 376 milliards FCFA sur les cinq premiers mois de l’année, contre 605,2 milliards FCFA sur la même période de l’année précédente.






























