On ne le dira jamais assez, la sécurité alimentaire est un défi majeur pour le l’Afrique centrale et partant pour la plupart des pays en en voie de développement. La question était au cœur d’un webinaire, le 19 décembre 2024. Axé sur le thème, « Investir dans les zones économiques spéciales des engrais et chaînes de valeurs pétrochimiques pour révolutionner l’agriculture en Afrique centrale », il était question pour les intervenants de plancher sur le voies et moyens à mettre en œuvre pour sortir de ce cycle infernal.
Au cours de cette rencontre, il a été reconnu que l’Afrique centrale ppouvait mettre un terme à une situation paradoxale où elle dépend des importations massives en produits alimentaires pour se nourrir, alors qu’elle détient un potentiel unique pour une agriculture compétitive capable de satisfaire les besoins de sa population.
Sur une approche analytique, les participants ont également planché sur les causes de ce handicap. Selon ces derniers, « L’insécurité alimentaire grandissante dans la sous-région est imputable, entre autres, à la faiblesse de la productivité agricole, à la hausse du cours des engrais exacerbée par le double choc de la pandémie de Covid-19 et du conflit russo-ukrainien ainsi qu’à la persistance des prix élevés des denrées alimentaires importées ».
Les systèmes agricoles de l’Afrique centrale continuent d’enregistrer de faibles rendements
Pour relever le défi de la sécurité alimentaire, les experts du continent appellent les pays de la sous-région à intensifier la production agricole par la mise en place de zones économiques spéciales pour la production d’engrais.
Boaz Keizire, vice-président de l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA) fait un consta très alarment de la situation. « Malgré d’abondantes terres arables et en dépit de l’engagement pris par les chefs d’Etat au sommet de Malabo en 2014, les systèmes agricoles du continent et de l’Afrique centrale continuent d’enregistrer de faibles rendements. A tire d’illustration, la productivité à l’hectare du maïs est de 1,7 tonne en Afrique tandis qu’elle oscille entre 7 et 8 tonnes aux Etats Unis d’Amérique. Les pays de l’Afrique centrale doivent travailler à enrichir les sols qu’ils possèdent », préconise-t-il.
Pour sa part, Bertrand Ngnie, s’appuyant sur une étude en cours de finalisation réalisée par le Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale fait remarquer que la « sous-région est richement dotée en intrants nécessaires à la production d’engrais azotés. L’Afrique centrale dispose d’importantes réserves de pétrole, de gaz naturel, de potasse et de phosphate qui justifient le développement d’une chaîne de valeur régionale des engrais NPK ». Autrement dit, les dotations factorielles ne manquent pas selon lui.
Autre piste évoquée, s’inspirer ou alors tirer avantage des modèles de réussite dans le secteur dont regorge le continent. Il s’agit par exemple des pays tels que l’Egypte, le Maroc ou encore l’Afrique du Sud. Sur ce volet, Samir Elkareish a suggéré « l’établissement d’une plateforme composée des pays de la sous-région et des pays avancés ainsi que des partenaires pour une coalition menant vers la production des engrais et l’augmentation de la production agricole en Afrique centrale ».
Le caractère primordial de l’utilisation accrue de fertilisants l’amélioration des techniques de production agricole
Prenant la parole, Jean Luc Mastaki, Directeur du Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale, a mis en exergue, le rôle déterminant que peuvent jouer les fertilisants et l’amélioration des techniques de production agricole pour booster et accroitre la production agricole. Car, selon lui, « la production locale et l’utilisation accrue de fertilisants combinées à une amélioration des techniques de production agricole contribueraient à terme à affranchir progressivement l’Afrique centrale de sa grande dépendance à l’importation de produits alimentaires qui accroît la vulnérabilité des populations, notamment les plus pauvres, aux chocs externes ». Il a également souhaité la mise en place d’une plateforme d’échanges élargie à diverses parties prenantes en vue de poursuivre les discussions sur les enjeux, défis et opportunités de la transformation agricole de l’Afrique centrale.
À propos de la CEA
Créée en 1958 par le Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations Unies, la CEA est l’une des cinq commissions régionales de l’Institution et a pour mandat d’appuyer le développement économique et social de ses États membres, d’encourager l’intégration régionale et de promouvoir la coopération internationale pour le développement de l’Afrique. Composée de 54 États membres, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) joue un double rôle en tant qu’organisme régional de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et en tant que partie intégrante du paysage institutionnel régional en Afrique.



















