Le 30 août 2023, des officiers militaires ont pris le pouvoir quelques minutes après l’annonce de la victoire du président Ali Bongo à une élection qu’ils ont annulée et jugée non crédible. Fort de cela, l’agence de notation Fitch Rating a placé les notes de défaut d’émetteur à long terme du Gabon, en monnaie étrangère et en monnaie locale « B-« sous surveillance négative (RWN), dans le cadre d’une révision non programmée.
L’agence a déclaré que le coup d’État pourrait affaiblir les perspectives financières du Gabon. Il pourrait porter un coup à la capacité opérationnelle des institutions responsables de la gestion de la trésorerie et de la dette, et affecter également l’accès du pays aux marchés régionaux de la dette. « Nous pensons que le Gabon dépendra davantage du marché régional pour obtenir des financements à des coûts d’intérêt plus élevés, car le coup d’État accroît la nervosité du marché », a déclaré Fitch.
L’agence de notation a par ailleurs ajouté qu’une reprise du programme du FMI était désormais improbable. Dans cette vague de mauvaises nouvelles, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) a également suspendu le pays de ces instances, jusqu’au retour à l’ordre constitutionnel. Mais elle s’est toutefois abstenue jusqu’à présent d’imposer des sanctions en réponse à l’éviction d’Ali Bongo.
L’on se rappelle qu’au mois d’août 2023, Fitch Ratings avait révisé la perspective de la note de défaut de l’émetteur (IDR) en devises à long terme du Gabon de stable à positive et confirmé l’IDR à « B- ».
Cette révision des perspectives sur les IDR du Gabon reflétait la persistance des faiblesses du pays en matière de gestion des finances publiques et l’arrêt des réformes structurelles, y compris dans le programme du FMI, soulevant des doutes sur la capacité du pays à réduire les risques liés à la gestion des finances publiques.
La note « B- » pourrait également mettre en péril, le PIB élevé par habitant du Gabon et les attentes sur le ratio dette publique/PIB qui devrait rester sur une tendance à la baisse, soutenue par les prix élevés du pétrole et une meilleure mobilisation des revenus non pétroliers, contre une dépendance à l’égard des revenus pétroliers et un faible enregistrement des fonds privés.
Faut-il le rappeler, le Gabon continue de faire face à des défis en matière de gestion des fiances publiques. En témoigne l’accumulation continue d’arriérés extérieurs en 2022 (39 milliards de FCFA; 0,3 % du PIB) et 2023 (81,4 milliards de FCFA, 0,6 % du PIB à fin mars 2023) et l’incapacité à obtenir un financement multilatéral.
Ces faiblesses continueront de peser sur les notations et pourraient poser des risques de financement budgétaire. Cela, en raison de problèmes de coordination entre la gestion de la trésorerie et le bureau de la dette, estime l’agence de notation



















