Après plusieurs années de crise et deux années de mise en œuvre du programme Fonds monétaire international (FMI), l’économie gabonaise est désormais stabilisée. C’est en tout cas le message qui est ressorti de la dernière mission du Fonds à Libreville (fin avril 2019).
Des progrès importants ont en effet été enregistrés : la dette publique s’est élevée à 58,6 % en 2018 (contre 64 % en 2016), le solde courant a été ramené à -2,5 % (contre -10 % en 2016) et le solde budgétaire est passé de -5 % en 2016 à 1 % en 2018. Toutefois, la persistance d’accumulation d’arriérés sur la dette intérieure rend impossible, en l’état, un passage devant le Conseil d’administration du FMI au titre de la quatrième revue.
Les équipes du FMI considèrent que le Gabon doit démontrer sa capacité à honorer ses engagements avant de pouvoir envisager une présentation du dossier gabonais. Ainsi, le calendrier prévisionnel du FMI pour les prochains mois est : mission article IV en septembre (axée sur la gouvernance, l’équité budgétaire et l’équilibre entre diversification et recettes intérieures) puis tenue conjointe des quatrième et cinquième revues en octobre (avec un passage au CA en décembre prochain). Ce scénario est toutefois conditionné à la satisfaction du critère continu de non-accumulation de nouveaux arriérés.
Adopté en juin 2017 afin de répondre aux effets de la crise des matières premières de 2014, ce programme prévoit une enveloppe d’aide de 642 M USD au titre du mécanisme élargi de crédit. Plusieurs bailleurs multilatéraux et bilatéraux (Banque mondiale, Banque africaine de développement (BAfD) et France, à travers l’Agence française de développement) se sont engagés, en complément de leur activité de financement de projets, à appuyer ce programme afin de garantir son financement.
Sur la durée du programme, les appuis budgétaires versés devraient s’élever à 600 M USD pour la Banque mondiale, 600 M USD pour la BAfD et 225 M EUR pour la France. Le Fonds propose en outre une assistance technique au gouvernement gabonais par le biais d’AFRITAC Centre. Un nombre important de bailleurs qui se répartissent les domaines de compétences.
Aux côtés de ces principaux bailleurs, quatre autres institutions de développement interviennent de manière significative au Gabon : la Banque de développement des États d’Afrique centrale (BDEAC), l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), la Banque islamique de développement (BID) et les programmes des Nations Unies qui sont encadrés par le Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD) pour la période 2018-2022.
L’Union européenne demeure quelque peu en retrait de l’action des bailleurs au Gabon depuis 2016. Ces acteurs interviennent grâce à des prêts principalement pour le développement des infrastructures, la croissance économique, le développement durable et l’appui au développement humain. Les bailleurs se répartissent les domaines de compétences au Gabon.
L’AFD met en œuvre des projets majoritairement tournés vers le développement humain et la protection des ressources naturelles à l’instar de l’appui qu’elle fournit à l’Agence d’exécution des activités de la filière forêt-bois (AEAFFB) afin d’accompagner la filière dans ses évolutions (10 M EUR). La Banque mondiale réalise des actions plus spécifiques sur les TIC et apporte différents appuis techniques à l’administration gabonaise à travers par exemple un projet de renforcement des capacités statistiques du Gabon (50 M USD).
La BAD met en œuvre de nombreux projets pour le développement de l’agriculture en soutenant notamment le programme GRAINE à hauteur de 3 M EUR, ainsi que pour les réformes économiques et financières et la diversification de l’économie gabonaise (381 M EUR pour les projets en cours ou approuvés début 2019). La BDEAC et la BID se concentrent plutôt sur les infrastructures avec en autres, le financement de 1 000 logements sociaux par la BDEAC pour un total de 68 M EUR. Néanmoins, la BDEAC axe de plus en plus son action en faveur du développement de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.
Le taux de décaissement des bailleurs reste très limité du fait du faible taux d’absorption de l’État gabonais. La majorité des bailleurs sont ainsi positionnés sur une dynamique de stabilisation – voire même de diminution – du montant de leur portefeuille, excepté la BAD qui semble plutôt mener une stratégie d’expansion.
Dans cet élan, la question de la priorisation et de la coordination des bailleurs est régulièrement posée, de même que la cohérence avec les objectifs du programme FMI. Par ailleurs, l’accumulation d’arriérés de l’État gabonais participe également au ralentissement du décaissement des aides : le report de la revue du programme FMI a ainsi conduit plusieurs bailleurs à retarder le versement de leur appui.
Avec la Direction générale du Trésor français






























