Selon les spécialistes, cette option devrait permettre au pays de dégager une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire pour mieux se consacrer à l’investissement.
En 2016, les autorités ont demandé l’aide du FMI et ont signé un programme en juin 2017. La mise en œuvre de ce programme se déroule comme prévu et les premiers progrès accomplis en vue d’améliorer le solde budgétaire et le solde extérieur sont encourageants.
Un rééquilibrage important des dépenses pourrait cependant avoir un impact négatif sur les perspectives de croissance à court terme en raison d’un effet multiplicateur important.
Le programme du FMI s’étendra de 2017 à 2020 et fournira un financement total de 628 millions d’USD. Dans le cadre du programme convenu, les dépenses publiques diminueront pour atteindre environ 19 % du PIB d’ici 2018, ce qui correspond à une baisse de 3 points de pourcentage par rapport au niveau de 2016. Il sera nécessaire de diminuer les dépenses pour limiter le déficit et l’encours de la dette, même si le Gouvernement s’efforce d’augmenter ses recettes.
Le rééquilibrage budgétaire doit être mis en œuvre avec précaution en vue de limiter les effets négatifs potentiels sur la croissance, l’emploi et la pauvreté
Le plan de relance économique définit la stratégie et les politiques de réforme fiscale du gouvernement. Alors que le rééquilibrage budgétaire est la priorité numéro un, les autorités doivent veiller à ce que la diversification économique se poursuive tout en reconstruisant les réserves budgétaires du pays.
Le processus de rééquilibrage devrait aborder simultanément trois défis, à savoir : ajuster l’orientation de la politique budgétaire pour maintenir la viabilité dans un contexte où les recettes sont en baisse ; établir les fondements nécessaires à la diversification économique sur le moyen terme ; et protéger les ménages pauvres et vulnérables des conséquences néfastes de la réduction des dépenses publiques.
Pour garantir que la politique budgétaire stabilise efficacement le cycle économique et accélère la croissance inclusive, la qualité des dépenses publiques doit être améliorée
La crise actuelle représente une excellente opportunité pour améliorer durablement la politique budgétaire. Pour y parvenir, le gouvernement doit élargir la marge de manœuvre budgétaire disponible en augmentant la mobilisation des recettes et en améliorant l’efficacité de l’administration fiscale.
Qui plus est, il serait nécessaire que le gouvernement exploite au maximum l’impact des ressources existantes. La taille et l’allocation du budget consacré à l’investissement public doivent être soigneusement évaluées et les importants postes de dépenses, tels que la masse salariale, doivent être revus à la baisse afin de recenser les économies possibles.
L’efficacité de l’allocation des ressources budgétaires peut être améliorée en ciblant plus précisément les secteurs et les objectifs prioritaires, tels que le développement social et la diversification économique.
Enfin, il sera essentiel de perfectionner les processus de Gestion des finances publiques (GFP) pour renforcer la discipline budgétaire et améliorer l’allocation des ressources et la transparence financière.
Alexandre Le-grand































