Visiblement, le Gabon n’a pas su tirer profit de son statut acquis en 2021, d’être parmi les pays à avoir atteint les objectifs internationaux de la lutte contre la faim, notamment la cible 1, des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), à savoir, «Éliminer l’extrême pauvreté et la faim».
Aujourd’hui, la réalité en est toute autre avec des chiffres qui appellent à une prise de conscience ainsi qu’à des mesures urgentes. Selon le guide alimentaire récemment remis au gouvernement par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), à travers son Bureau sous régional pour l’Afrique centrale, 18% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique, 40% des adultes sont en surpoids, 15% des adultes sont obèses dont 20% de femmes et 10% d’hommes et que 51% des femmes en âge de procréer souffrent d’anémie.
Pour infléchir cette médiocre tendance, le gouvernement, a élaboré la Politique nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PNSAN) en 2017. L’approche constitue un cadre d’orientation pour tous les acteurs intervenant en faveur de la lutte contre la pauvreté et la malnutrition sous toutes ses formes.
Pour sa mise en œuvre, la PNSAN a prévu l’élaboration d’un guide alimentaire (GA) et des Recommandations alimentaires nationales (RAN). Dans le cadre de ce projet, une enquête a été réalisée sur l’ensemble du territoire national par une équipe multisectorielle composée de la FAO, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) et le ministère de la Santé, sur un échantillon aléatoire de 721 ménages soit 1 176 personnes.
Ladite enquête a permis de découvrir notamment, que l’allaitement maternel n’est exclusif qu’à 5,9% chez les enfants de moins de six mois, que les produits céréaliers (pain et riz) représentent la base de l’alimentation au Gabon, que la consommation en fruits, légumes, poissons et produits laitiers est faible au sein de la population, et que l’alcool est présent dans l’alimentation des jeunes à partir de 14 ans et des femmes enceintes et allaitantes.
En clair, ces résultats traduisent l’importance et la complexité des problématiques liées à la malnutrition et, aux consommations inappropriées et précoces qui, nécessitent une concertation et une implication de toutes les composantes de la société.
L’élaboration du guide alimentaire et des recommandations alimentaires nationales s’est effectuée de 2018 à 2020, avec la collaboration de la FAO, l’AGASA, la société civile et les ministères représentés dans la plateforme multisectorielle de sécurité alimentaire et nutritionnelle du Gabon.
Ces deus instruments ont un objectif principal : aider les personnes de tout âge à faire chaque jour les bons choix alimentaires pour satisfaire leurs besoins en éléments nutritifs ainsi que ceux de leurs enfants, en suivant un régime quotidien simple.
Pour une bonne nutrition, le PNSAN préconise que les ménages doivent, non seulement disposer de ressources financières suffisantes, mais aussi comprendre qu’il est primordial d’adopter de bonnes pratiques alimentaires, en produisant ou en achetant des produits locaux variés, sains, sûrs, salubres et nutritifs et en excluant la consommation d’alcool par les mineurs et les femmes enceintes.



















