Selon l’institution de Bretton Woods, le Gabon semble pâtir d’une gouvernance déficiente et de fuites de recettes. Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette situation. Il s’agit notamment des termes des accords de partage de la production, du manque de transparence des déclarations de recettes pétrolières et de la mauvaise gestion des entreprises pétrolières publiques.
Dans le cadre de son nouveau programme avec le pays, le fonds préconise d’enrayer les fuites de revenus et d’augmenter les recettes pétrolières du budget de l’Etat. Au sujet par exemple des accords de partage de la production, le FMI souligne que les conditions de ces accords, tout comme leur mise en œuvre, manquent de transparence et les coûts déclarés par les entreprises ne font pas l’objet de vérification.
Ce manque de transparences est également observé dans les déclarations de recettes pétrolières. D’après le FMI, il existe généralement des incohérences, d’une part, entre les estimations de la production et des recettes des sociétés pétrolières à la fin de l’exercice et, d’autre part, les données recueillies par le ministère des Finances.
L’institution onusienne fustige également la gestion des entreprises pétrolières publiques. Notamment, Gabon Oil Company (GOC) et la raffinerie nationale gabonaise SOGARA, qui s’accompagne de transferts financiers peu transparents entre elles et l’État.
D’après l’Institut de gouvernance des ressources naturelles, la GOC n’obtient que 11 points sur 100, selon l’indice de gouvernance des ressources naturelles. Ce qui en fait, l’une des sociétés étatiques du secteur pétrolier et gazier les plus faibles en matière de gouvernance en Afrique subsaharienne.
De même, la Société gabonaise de raffinage (SOGARA) est une entreprise déficitaire alors même qu’elle a bénéficié de généreuses subventions publiques.
Le manque d’informations détaillées sur les activités pétrolières empêche aussi le rapprochement des données et la réalisation de contrôles de cohérence. Les données ventilées par entreprise et par flux de commercialisation (exploration, développement, production et vente/acheminement) ne sont pas publiques.
De plus, le gouvernement impose aux multinationales pétrolières opérant au Gabon de signer des accords de partage de la production strictement confidentiels, en vertu desquels, elles n’ont pas le droit de rendre publiques leurs opérations financières avec l’État gabonais.
Pour le FMI, il est essentiel de favoriser la transparence dans le secteur pétrolier. Les actions clés comprennent la publication de données pétrolières granulaires et régulières, y compris tous les accords de partage de la production, l’amélioration de la gestion et de la gouvernance au sein de la GOC et de la SOGARA, et la candidature à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (EITI).



















