Dans une récente sortie médiatique, le président d’Ensemble pour la République, Dieudonné Minlama Mintogo, a donné son avis sur les débats autour du franc CFA, qui agitent le microcosme politique et économique continental.
Dans son analyse, Dieudonné Minlama Mintogo situe dans un premier temps, le contexte dans lequel, les pourfendeurs du franc CFA, le considère comme étant ‘’une menace’’, pour la souveraineté des Etats de la zone franc, et qu’en outre, à travers cette monnaie, la France contribue à l’appauvrissement de ses anciennes colonies africaines.
Selon lui, cette situation est la conséquence directe de la crise migratoire dans les pays du Nord. « Cette crise menace la stabilité de ces pays. Certains gouvernements sont tombés à cause de cette crise. Cette crise fait le lit des politiques extrémistes. Elle mérite dont d’être traitée. Aussi, il me parait juste, au préalable de cerner les origines de cette crise, sinon elle va s’amplifier et pourquoi pas déstabiliser les pays du Nord. », indique-t-il.
Avant d’ajouter que « Comme vous le savez, l’Afrique n’offre plus d’espoir à sa jeunesse. Beaucoup de jeunes Africains meurent dans les océans en essayant de regagner l’Europe, dans des embarcations de fortune. A mon avis, il va falloir que l’Europe et l’Afrique se retrouvent pour discuter ».
Loin de s’arrêter à ce simple cliché, dans un second temps, Dieudonné Minlama Mintogo a esquissé des pistes de solutions à ce sujet qui délétère considérablement le climat entre les deux partenaires.
Ainsi, « du fait qu’il y a beaucoup à dire sur les relations entre les anciens colons et leurs colonies. Pour aller dans le concret, je milite pour une rencontre importante entre les pays colonisés et ceux qui les ont colonisés. Cette rencontre devrait déboucher sur un plan Marshall. Je pense que la colonisation, l’exploitation des matières premières, le franc CFA et autres, méritent bien une messe !», suggère-t-il.
Il étaye cette position par le fait que les opinions publiques ont considérablement évolué en Afrique ainsi qu’en Europe. Et que de ce fait, il estime que les situations ne peuvent plus restées en l’état.
Dans son analyse, Minlama Mintogo propose un ‘’Plan Marshall’’ qui devrait, selon lui, « permettre aux pays du Nord de nous aider à sortir de la situation actuelle. Pour que les jeunes Africains aient espoir et espérance de vie chez eux ».
Ce plan, explique-t-il, devrait être basé sur quatre points. A savoir : la reconversion de la dette dues par les pays africains aux anciennes colonies en projets d’infrastructures et en fonds en développement local, la délocalisation des entreprises européennes en Afrique pour transformer ne fut ce que 50 % de nos matières premières au niveau local, la révision de certains traités et accords et enfin, l’accompagnement démocratique.
Il indique enfin qu’il reste convaincu qu’un tel plan permettra à l’Afrique de retenir ses fils et à l’Europe de réduire de façon très significative ces migrations, qui à terme, peuvent la déstabiliser.
Cette position de Dieudonné Minlama Mintogo s’apparente à celle déjà évoquée par le président de la CEMAC, le Pr. Daniel Ona Ondo, du moins sur la forme. Car, le 14 février 2019, au siège de la Banque de France, il avait émis l’idée d’un échange franc sincère et dépassionné entre les différents partenaires que sont : les États de la CEMAC, la Banque de France, le FMI et la Banque mondiale sur ce sujet.
C’était à la faveur d’une table ronde de haut niveau qui avait pour thème : ‘’Quelles politiques monétaires et de change pour un développement durable dans les pays à faible revenu’’. Selon Daniel Ona Ondo, « A un moment, il faut s’asseoir pour parler du Fcfa et de son évolution. Si nous ne le faisons pas, nous risquons d’être confrontés au populisme et aux controverses des acteurs de toute sorte », avait-il alors indiqué.
Alexandre Le-grand





























