Le Gabon est classé parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure avec un PIB par habitant supérieur à ses voisins. Cependant, les indicateurs sociaux affichent du retard par rapport à la richesse du pays.
Un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (près de 5% vivent avec moins d’un dollar et demi chaque jour) et le chômage est très élevé. En 2019, le taux de chômage dans le pays était de 35,5% (estimation de l’OIT). Il existe également un écart important entre le développement économique des populations urbaines et rurales.
Le Gabon doit également augmenter ses dépenses sociales : une étude de McKinsey réalisée en 2013 indique qu’environ 30 % de la population est vit dans des conditions précaires, avec un revenu mensuel inférieur au salaire minimum garanti de 80 000 FCFA (soit environ 150 dollars). Elle note également que la situation sociale s’est dégradée en matière d’accès aux services de base (soins de santé, eau potable et électricité) dans 60 % des régions.
Pour inverser cette tendance, les autorités mettent désormais un accent particulier sur les concepts tels que l’égalité des chances et la solidarité nationale. Ainsi, à la suite de ce rapport McKinsey, le gouvernement a décidé d’améliorer sa politique sociale, autour de trois piliers.
A savoir, le la mise en place de programmes sociaux intégrés pour les populations les plus vulnérables (personnes âgées, orphelins, handicapés) ; la création d’activités rémunératrices pour les populations les plus démunies et la réduction des inégalités d’accès aux services publics.
En outre, à travers la stratégie d’investissement humain mise en place à la suite de ce rapport, le gouvernement affiche sa volonté de mettre en place un système de protection sociale pour les populations les plus vulnérables. À travers deux volets portant d’une part sur les transferts monétaires et d’autre part sur des activités génératrices de revenus, ce système viendra en aide à plus de 95 000 ménages.
Le déploiement de ce programme devra toutefois faire face à cinq défis majeurs: l’absence de données; l’absence de coordination du système; la viabilité budgétaire du système, le ciblage des bénéficiaires et la prise en compte des enseignements tirés de l’expérience d’autres pays dans la politique sociale.
Toutefois pour y faire face, il sera important de mettre l’accent sur les actions suivantes : l’approfondissement de l’analyse de la pauvreté et de la vulnérabilité, la réalisation d’un audit institutionnel du système et l’élaboration d’un plan de déploiement.




















