Dans une récente évaluation de la situation économique sociale et financière de l’espace économique et monétaire de l’Afrique centrale, les services du FMI ont encouragé la Banque centrale aux six Etats de la zone (BEAC), à savoir le Cameroun, la RCA, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad, à continuer de chercher à diversifier la base d’investisseurs.
En effet, selon l’institution de Bretton Woods, l’encours de titres en circulation a continué d’augmenter pour atteindre 2 850 milliards de francs CFA à fin octobre 2020 (5 % du PIB régional). La préférence des investisseurs pour les échéances courtes se reflète dans les taux de souscription croissants de BTA tandis que les rendements des OTA, à échéance plus longue, ont progressé de 0,5 % entre décembre 2019 et octobre 2020 pour atteindre 6 %.
L’activité sur le marché secondaire demeure assez terne, avec seulement quelques opérations enregistrées en raison du développement des opérations interbancaires de prises en pension. Si les banques détenaient 95 % des titres souverains en circulation à fin septembre 2020, les efforts que la BEAC déploie pour attirer des investisseurs non bancaires commencent à payer, la participation des investisseurs institutionnels et des particuliers, quoique modeste au départ, allant croissant. Les services du FMI se sont félicités de cette évolution, qui devrait contribuer à approfondir le marché des titres publics tout en limitant l’exposition croissante des banques au risque souverain.
En dépit de retards dus à la pandémie, la BEAC poursuit l’exécution de sa stratégie de transparence financière. La BEAC lancera son appel d’offres pour un bureau d’information sur le crédit avant fin 2020 et compte sélectionner le premier soumissionnaire d’ici 2021. Le nouveau référentiel des états financiers des entreprises de la CEMAC conforme au nouveau plan SYSCO OHADA devrait être opérationnel fin 2020 tandis que le registre du crédit modernisé devrait être achevé fin 2021. Les services du FMI ont encouragé la BEAC à poursuivre activement ces efforts, qui devraient faciliter le financement et le développement des entreprises saines.
La BEAC a donné, en octobre, le coup d’envoi de sa stratégie régionale d’inclusion financière. À ce jour, seuls le Cameroun et le Tchad se sont dotés d’une stratégie nationale d’inclusion financière. La BEAC, avec la participation des représentants des autorités nationales, a entrepris un état des lieux et compte formuler une première vision de la stratégie régionale d’ici fin juin 2021. La stratégie établira une liste minimum de services bancaires obligatoires gratuits et sera particulièrement attentive à la connectivité totale des systèmes de paiement et au développement des services de banque mobile dans la région.



















